Petite recette maison pour écrivains dans le besoin :
Ingrédients :
1- Un jeune héro, fort, intelligent, débrouillard, rebel etc ( et beau surtout ça va sans dire )
2- Un méchant dont on ne doit prononcer le nom
4- De la magie mystérieuse
3- Un vieux sage(et/ou)fou qui connais la magie mystérieuse
5- Des parents beaux et aimants
6- Une jeune fille , forte, intelligente ( et belle surtout ça va sans dire )
Préparation :
-Placez tout d'abord votre héro aux côtés de ses parents beaux et aimants (et géniaux si vous avez la main lourde).
-Mélangez la préparation pendant quelques chapitres le temps d'introduire par un foreshadowing peu subtil tout les évènements important de votre récit.
-Faites ensuite tuer les parents du héro par le grand méchant dont on ne doit prononcer le nom afin de lui donner un but. (attention si le fusil de tcheckov approprié n'est pas encore apparu attendez quelques chapitres avant de passer à cette étape sinon le lecteur pourrait être surpris)
-Une fois votre héro orphelin faites lui subir un supplice quelconque dans une famille d'adoption violente, un orphelinat (ou même dans la rue si vous avez la main lourde) afin d'obtenir quelque larme faciles et un attachement à votre héros générique qui en a grand besoin.
-Il est temps maintenant de sortir par miracle votre héro de son supplice pour qu'il découvre enfin la magie mystérieuse. Pour cela envoyer le à l'école de magie mystérieuse, et surtout chez le vieux fou/sage qui lui seul connait réellement la magie mystérieuse.
-Rajoutez enfin votre dernier ingrédient : la jeune fille forte, indépendante et intelligente. Attention surtout ne lui donnez pas de rôle important ni les moyens de se défendre pleinement par elle même , c'est l'étape la plus délicate de la recette si vous vous manquez le héros ne pourra pas la secourir et ne pourra pas l'émerveiller par sa force et sa bravoure. Et SURTOUT insistez en permanence sur sa beauté sinon le lecteur pourrais se rappeler qu'elle pourrait être autre chose qu'un objet de décoration.
Breeeeeef, je ne vais pas continuer vous m'avez compris. Le Nom du Vent reprend A LA LETTRE le récit initiatique générique (tiré du fameux monomythe) à la Star-wars, Harry potter etc.
Il ne s'en écarte presque jamais et quand il le fait s'en excuse par l'intermédiaire du récit rapporté. Le seul moment qui se rapproche un peu d'une prise de risque c'est lorsque Kvothe (le jeune héro) se jette dans le vide sous l'ordre d'Elodin (le vieux fou/sage) et se pète la gueule comme une merde . J'avoue que ça, ça m'a fait marrer mais j'aurais préféré que l'auteur ne passe pas le chapitre précédent à me prévenir et à s'excuser de la déviation qu'il allait faire. Et que j'aurais sans doute salué la démarche si à la fin du livre Elodin ne finissait pas par le prendre sous son aile malgré tout.
La narration est également extrêmement générique. Il suffit de compter depuis combien de chapitre un personnage n'est pas apparu pour savoir dans combien de chapitres il apparaitra , les intrigues parallèles tournent et défilent une à une à la manière d'un carrousel. Au début ça va mais sur quasiment 800 pages ça finit par être sacrément répétitif. Le style aussi n'a rien d'extravagant mais tiens la route malgré la récurrence de quelques formules assez maladroites que nous imputerons à la traduction par indulgence.
Enfin Je dois tout de même reconnaitre quelques qualités à ce livre qui le sauvent d'une note abyssale. D'abord le mystère de la magie mystérieuse est vraiment mystérieux et intéressant. On a vraiment envie de comprendre le sympathisme , la sylgadrie et surtout le nom des choses. Le système magique tiens la route, la description précise qui en est faite lui donne une consistance qui réjoui l'amateur de hard-sf que je suis. C'est un vrai plaisir de satisfaire sa curiosité, de s'émerveiller un peu. Et de ne pas avoir à se contenter d'un "t'a gueule c'est magique". C'est d'ailleurs le seul point qui me fera sans doute lire le deuxième tome un jour prochain (pas tout suite hein...). Également malgré l'absence totale de prise de risque on voit que l'auteur a un certain recul et nous épargne les scènes les plus clichés et les plus bêtes , pas de baiser , pas de baignade nus dans l'étang , pas de test de dévotion envers le vieux fou (enfin si mais pour le détourner et s'en moquer voir plus haut) etc. Si le livre est générique il s'évite régulièrement d'être trop cliché.