Les premières pages de ce roman sont déroutantes. Cette petite fille passionnée d’odeurs et de mots, qu’elle consigne soigneusement dans son cahier, est un personnage peu ordinaire !
L’histoire se construit autour d’un palmier, déclaré malade, dévoré de l’intérieur par des charançons. Sa punition première, qui en même temps une tentative de sauvetage, et de l’étêter, de lui couper ce qui fait son panache. La petite scrute aux jumelles l’extrémité de ce végétal, a la fois emblématique de la région et pièce maitresse d’un jardin du sud. Mais rien ne semble indiquer une reprise de végétation.
L’enfant observe, se nourrit de mots, et des histoires rapportées par son père, souvent absent, parti ailleurs pour rechercher des senteurs particulières, destinées à l’industrie du parfum.
Mais l’enfant exprime bientôt une angoisse profonde, et des crises de panique nocturnes. En l’absence du père pas de problème pour rejoindre le lit de la mère, mais lorsqu’il rentre, elle doit trouver d’autres subterfuges pour ne pas être seule dans sa chambre…
C’est avec beaucoup de grâce et un savoir faire remarquable que Valentine Goby nous conte cette histoire de traumatisme psychique, dont le souvenir enfoui trouve des voies détournées pour se manifester.
On est plongé dans un univers de plantes et de parfum, ce qui fait de ce roman une bible de connaissances botaniques, que l’on acquiert au rythme de l’enfant.
Après un temps d’adaptation pour comprendre le message et le chemin pour y parvenir, j’ai pris un grand plaisir à la lecture de ce roman.