Un Roi, un businessman, un allumeur de réverbères, un géographe, un renard, une fleur...Le Petit Prince.
Le tour de force d'Antoine de Saint-Exupéry repose sur l'accessibilité de l'œuvre sans faire l'économie d'un récit qui aborde des questionnements existentiels majeurs. Le Petit Prince est beaucoup de choses à la fois, au moins une invitation à une reconnexion profonde à notre être.
La recherche du sens passe par la reconfiguration de notre manière d'appréhender notre relation au monde qui nous entoure. Il est attendu une prise de recul quant à son fonctionnement. L'expérience de la vie, en particulier depuis la modernité, doit être soumise à une régulation, voire un ralentissement général, pour pouvoir formuler une réponse satisfaisante à l'existence :
[Les hommes] s'enfournent dans les rapides, mais ils ne savent plus ce qu'ils cherchent. Alors ils s'agitent et tournent en rond…
Les personnages que rencontre Le Petit Prince dévoilent leur propre aliénation rendant leurs actions inconséquentes. C'est l'inertie de l'Homme -des grandes personnes- qui apparaît : le dévoilement des âmes douloureuses est relevé en filigrane dans le récit ; leurs agissements souffrent des réponses absurdes élaborées au nom du progrès, des normes ou encore du diktat irrationnel de l'accumulation.
La réflexion poétique du caractère éphémère des événements de la vie relève par ailleurs leur consistance existentielle : l'altérité devient la condition sine qua none de notre examen de conscience tandis que la relation à autrui appelle à la notion de responsabilité.
Je comprends à présent l'engouement pour cette œuvre, ainsi que la nécessité de la partager aux enfants et aux grandes personnes.