Du plus loin que je me souvienne, le Petit Prince m'a exaspéré. L'admiration béate que ce livre déclenchait chez les adultes, la notion de Prince, l'afféterie de la Rose, le dessin du mouton, les images pachydermiquement symboliques, tout me tapait sur les nerfs. Est-ce parce que j'avais l'âge du supposé héros quand je l'ai lu? Est-ce à cause de sa demande idiote et réitérée de dessin de mouton ? Est-ce parce déjà le lien entre naiveté, enfance et poésie me paraissait surjoué et infantilisant? En tout cas, la simple mention de cette oeuvre déclenche en moi un réflexe qui ressemble à celui de la madeleine de Proust, toute mon exaspération revient avec la force et l'ingénuité de mes 8 ans.