Bukowski s'inspire encore une fois de son quotidien pour ce roman, "Post office", et fait donc vivre à son alter-ego romanesque Henry Chinaski les 11 années qu'il a passé au bureau de poste, en tant que facteur puis en tant qu'employé et, comme pour "Women", la description très amusante de ce qu'il vit débouche finalement sur quelque chose d'autre. Ici, d'une routine qui l'assassine un peu plus chaque jour il finit par déboucher sur un constat un peu plus profond, sur un portrait touchant, une description par l'exemple biographique de la condition humaine. Les superviseurs imbéciles, les collègues et leurs banalités, les quelques femmes qu'il croise, son existence qu'il décrit toujours de façon si honnête, amusante et terrible à la fois continue de m'émerveiller, autant d'un point de vue littéraire qu'humain. Ce type a plus de coeur et de couilles que bon nombre d'autres. J'ai l'impression de le connaître à force de lire ce qu'il dit de sa vie , et c'est sûrement un signe qui montre à quel point il est talentueux, puisqu'au fond, c'est totalement faux.

Un roman comme on les aime si on a déjà lu du Bukowski donc, écrit avec les tripes et du talent mais qui prend son temps, qui passe lentement et sans qu'on s'en rende compte d'une description prosaïque de ce qu'il subit et vit chaque jour à quelque chose de plus, petit à petit.
Enfin, le fait qu'il ait réussi à transformer une expérience aussi banale que douloureuse à ses yeux en roman montre bien l'importance de la littérature, de l'écriture, qui permettent de transcender le quotidien, qui peuvent s'imposer - quand on leur consacre assez de temps et qu'on a le talent nécessaire - comme un moyen de sortir de la gangue dégueulasse des jours qui crèvent et viennent empiler leur carcasse sur la nôtre. C'est à dire que ce bouquin a beau être simple, caustique et un peu triste, il me donne de l'espoir du simple fait qu'il ait été écrit, parce que ça montre qu'on peut faire quelque chose de bien à partir de la merde qu'on subit. Ouais.

Stavroguiness
8
Écrit par

Créée

le 9 mai 2012

Critique lue 844 fois

Le Postier

Le Postier

10

chinaskibuk

le 15 août 2017

Suivre

Critique de Le Postier par chinaskibuk

Premier roman pour Bukowski à cinquante piges. Auparavant il n'avait publié que des nouvelles et autres chroniques dans les journaux underground le LA Free Press et Open City (regroupées par la suite...

Le Postier

Le Postier

9

amandecherie

le 5 août 2010

Suivre

Critique de Le Postier par amandecherie

C'est toujours la même chose avec Henry Chinaski : il boit plus que de raison, s'acoquine avec des femmes sans qu'il ne se souvienne comment, a une technique infaillible pour gagner aux courses... et...

Le Postier

Le Postier

8

Stavroguiness

le 9 mai 2012

Suivre

Merci.

Bukowski s'inspire encore une fois de son quotidien pour ce roman, "Post office", et fait donc vivre à son alter-ego romanesque Henry Chinaski les 11 années qu'il a passé au bureau de poste, en tant...

Batman & Robin

Batman & Robin

3

Stavroguiness

le 29 juil. 2011

Suivre

Adam et.....crève !

Un film très long et très pénible à regarder. Une sorte d'épreuve de volonté, un peu comme l'éternel retour de Nietzsche mais en plus kitsch et avec Arnold Schwarzenegger. Non vraiment, c'est un film...

Les Schtroumpfs

Les Schtroumpfs

1

Stavroguiness

le 1 sept. 2011

Suivre

Bleu Fiel

Il y a être con, et être con. Et puis il y a les Schtroumpfs. J'avoue avoir du mal à trouver mes mots. Mes métaphores habituelles sur la sodomie et les bukkake me semblent bien fades face à ce que...

Les Tuche

Les Tuche

4

Stavroguiness

le 29 juin 2011

Suivre

Sainte ni Tuche

La première demi-heure passe bien. Le quotidien des Tuche, leur arrivée à Monaco, ça passe encore. C'est bas du front mais ça amuse, et Jean-Paul Rouve est vraiment bon, contrairement aux autres,...