S'il est bien le troisième volume du cycle du Cimetière Des Livres Oubliés, Le Prisonnier Du Ciel marque néanmoins un tournant dans les thèmes abordés par Carlos Ruiz Zafon. Fini le côté fantastique et mystérieux qu'il donnait aux deux précédents volumes, nous avons droit ici à une plongée brutale et sans concession dans la réalité de la dictature franquiste, qui n'existait jusque-là qu'en filigrane dans ses romans.
Nous retrouvons avec plaisir les personnages auxquels nous sommes désormais attachés, les Sempere, Isabella, Fermin bref, tous ceux qui nous on fait découvrir une Barcelone rêvée et fantasmée par l'auteur. Même si Zafon conserve dans ce livre le côté si mélancolique et nostalgique qui avait rendu ces deux autres romans si touchants, ses personnages sont cette fois confrontés à un sombre passé qui rattrape l'un d'entre eux. Ce passé est fait de trésor caché, d'emprisonnement arbitraire, de violence de l'autorité mais aussi d'amour absolu, de rédemption et d'une amitié indestructible et inconditionnelle. On découvre au fil des pages si on ne le savait pas déjà, que le régime de Franco n'avait rien à envier à ceux d'Hitler ou Mussolini.
Même si l'écriture de Zafon n'a rien de révolutionnaire, elle conserve cette fluidité et cette capacité à faire passer de la poésie et des sentiments sans qu'on s'en rende vraiment compte, laissant derrière elle une impression de douceur malgré la dureté de l'histoire.
Ce nouvel ouvrage, bien que beaucoup plus court que les précédents, n'en apporte pas moins son lot de clés de compréhension de l'histoire et des liens qui unissent les différents protagonistes. S'il y a un conseil à donner, c'est de lire les trois livres les uns derrière les autres, car c'est probablement de cette manière qu'on profite le mieux de l'histoire et surtout qu'on ne laissera passer aucune des révélations que Zafon nous sonne à lire.
Carlos Ruiz Zafon ne sera peut-être jamais étudié dans les écoles mais qu'importe, c'est un plaisir de lire ses romans et surtout ils gardent toujours une place dans nos souvenirs, peu importe le reste. Il écrit des romans populaire et il le fait bien. L'auteur a affirmé que ce roman serait le dernier du cycle, mais la fin laisse penser qu'il s'est tout de même accordé une porte de sortie, juste au cas où...
Jambalaya
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Les livres les plus souvent offerts

Créée

le 20 déc. 2012

Critique lue 870 fois

Jambalaya

Écrit par

Critique lue 870 fois

8
6

D'autres avis sur Le Prisonnier du ciel

Le Prisonnier du ciel

Le Prisonnier du ciel

8

Jambalaya

498 critiques

Fin de cycle.

S'il est bien le troisième volume du cycle du Cimetière Des Livres Oubliés, Le Prisonnier Du Ciel marque néanmoins un tournant dans les thèmes abordés par Carlos Ruiz Zafon. Fini le côté fantastique...

le 20 déc. 2012

Le Prisonnier du ciel

Le Prisonnier du ciel

5

Nolwenn-Allison

100 critiques

Le prisonnier de son univers ?

Non, Carlos, tu ne t'en tireras pas sur ce coup-là. Si tu avais été un auteur de seconde zone, un Guillaume Musso de corrida, je n'aurais eu qu'à m'en prendre à moi-même. Mais là, j'avais bon espoir...

le 2 août 2014

Le Prisonnier du ciel

Le Prisonnier du ciel

6

SamuelDosSantos

8 critiques

Ai-je raté un épisode?

Serait ce moi qui est un problème? J'ai pu lire de nombreuses critiques ventant, si je peux me permettre, ce "tome". Pour ma part, j'ai apprécié sans pour autant adoré. Le livre nous est vendu comme...

le 25 déc. 2013

Du même critique

The Truman Show

The Truman Show

9

Jambalaya

498 critiques

Quand la vie de Truman capote...

The Truman Show, un film touché par la grâce, de son réalisateur Peter Weir d'abord, qui a rarement été autant au sommet de son talent depuis, de Jim Carrey ensuite, qui a fait taire avec ce film,...

le 10 déc. 2013

Lucy

Lucy

2

Jambalaya

498 critiques

L'Homme utilise 10% de son cerveau, Besson est un Homme, donc Besson utilise 10% de son cerveau...

Je n’attends plus rien de Luc Besson, j’ai espéré longtemps qu’il pourrait aider le cinéma français à trouver le succès international qu’il mérite, d’autant que c’est ce qu’il semblait vouloir faire...

le 9 nov. 2014

Cloud Atlas

Cloud Atlas

9

Jambalaya

498 critiques

Histoire d'allers et retours.

Quand on se dit que Matrix est un film largement surestimé, quand on n'a pas réussi a terminer Speed Racer tant ce film pique les yeux, il faut une certaine dose de détermination pour commencer Cloud...

le 24 mars 2013