J'ignore si c'est à cause de la traduction, mais l'ensemble du livre est confus et pénible... On ne comprend jamais bien ce qui s'y déroule... Le rapport causal entre les émotions est toujours excessif et flou : on ne comprend pas pourquoi tel personnage éprouve telle émotion.
Tout est moins dépaysant et mystique qu'attendu. Il y a un écart considérable entre la manière dont le livre est vendu et ce qu'il contient : un texte qui n'est pas sans beauté, mais qui se sert trop du prétexte de l'errance pour ne pas soigner son propos.
La carte de l'exotisme et de la terreur bolchévique ne s'y retrouve pas, et l'on a par ailleurs droit a beaucoup de notes de bas de page érudites, qui bien souvent freinent la lecture et n'éclairent en rien un texte lacunaire. On est bien loin du texte haut en couleur auquel on s'attend en parcourant la biographie de son auteur.
J'accepte d'ordinaire de me laisser porter à ce qui n'a pas de sens directement perceptible, mais il manque ce trait de génie qui fait que l'on se perde réellement dans les steppes russes des débuts de l'URSS. Trop difficile à comprendre pour mon cerveau latin peut-être, comme le disait Henri Céard à propos d'Ibsen.