Le sang des elfes est le premier roman de la saga du sorceleur. Il confirme la qualité d'écriture de cette série qui commençait par des nouvelles.

Alors que L'épée de la providence s'offrait comme un panorama du monde et une convergence en vu d'une intrigue plus resserrée, voici donc en toute logique cette intrigue qui démarre.

On suit principalement le point de vue de Ciri, l'enfant surprise, ce roman étant celui de son apprentissage. Elle apprendra aussi bien les talent de sorceleur que ceux de sorcière, les sorceleurs, incapables de gérer l'éducation d'une fillette, appelant à la rescousse une magicienne, et on se doute bien de qui viendra y fourrer son nez. On y suit aussi Geralt bien sûr, cherchant à mettre la main sur un sorcier au rabais qui menaçerait sa petite protégée, dont on sent qu'un destin hors du commun la met en danger.

Offrant de nombreux passages très drôles, ce roman s'appuie sur un background solidement établi par les nouvelles précédentes pour donner de la profondeur à son univers, et joue sur les ruptures de ton, pouvant passer de la satire à la tragédie en moins de temps qu'il n'en faut à Geralt pour dégainer son épée de sorceleur.

Il a par ailleurs le bon goût de ne pas proposer de carte en début de volume, c'est quand même un signe de qualité, comprendront les amateurs de fantasy.

Le monde développé s'avère relativement classique : elfes et nains, dryades et monstres divers, empire maléfique et mages pouvant ouvrir des portails, vieille citadelle en ruine recelant d'anciens mystères, villes pullulant d'assassins et d'odeurs nauséabondes, rien de nouveau sous le soleil.

Mais dans l'écriture il y a définitivement quelque chose de personnel, qui donne l'impression que cette histoire est nouvelle.

Encore une fois, si les clichés sont devenus ce qu'ils sont, c'est qu'ils fonctionnent. Il y a ceux qui savent les reprendre à leur compte, les renouveler, les distordre juste ce qu'il faut, et il y a ceux qui ne savent pas.

Sapkowski fait partie de ceux qui savent.

C'est le talent du conteur.

Il peut nous raconter ce qu'il veut, on marche.

BigDino

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