Relecture du roman du manosquin et, forcément, bas-alpin Pierre Magnan, écrit en 1979.
Tiens, c'est drôle la coïncidence que j'aie à commenter ce soir, justement, un roman de Pierre Magnan, grand ami d'un autre célèbre manosquin, Jean Giono. Et que la lecture, cet après-midi, de la critique d'un roman de ce dernier par un éclaireur, m'ait rappelé mes regrettables difficultés à lire et apprécier ses œuvres.
Tandis que Pierre Magnan, c'est plus simple, plus terre à terre. Là, j'apprécie de me replonger dans cette atmosphère provençale si particulière …
Là, dans le roman, on est dans le registre habituel de Pierre Magnan puisqu'il s'agit d'une enquête de son célèbre commissaire Laviolette … L'action se passe à Sisteron et démarre en été, lors du festival annuel de théâtre et de musique des "Nuits de la Citadelle" …
Laviolette, à qui on confie l'enquête puis qu'il se trouve là pour le festival, va se heurter à un mur du silence qui n'est pas si étonnant dans ces pays peu peuplés, arides, pauvres, un peu loin de tout, où les secrets de famille sont soigneusement enfouis et ont du mal à se dévoiler. Par exemple, le souvenir d'une jeune femme s'est complètement estompé au point d'être devenu un véritable tabou. Que s'est-il donc passé en juin 1944 de si terrible qu'on ait tiré un trait définitif sur ce passé et que plus personne ne s'en souvient ?
Pierre Magnan jette son dévolu pour cette enquête sur Sisteron, cette petite ville au nord des Alpes de Haute Provence qui est la limite climatique des oliviers et de la Provence. L'enquête nous mènera dans ses vieux quartiers et ses vieilles boutiques, dans ces andrônes, rues étroites qui serpentent et descendent vers la Durance. L'équivalent des traboules du quartier Saint-Jean dans le vieux Lyon. L'enquête nous mènera aussi dans les environs, dans ce si mystérieux "par là-haut dedans" qui est bien une expression de par là-bas …