Je suis passée par toutes les étapes : l'enthousiasme de la première page, l'attente d'un grand frisson, puis la lassitude et,bout du compte, la résignation. Ce n'est pas le chef-d'oeuvre que j'espérais. Dan Brown conserve son art de la mécanique romanesque enchaînements, révélations programmées, cliffhangers mais l'ensemble sonne plastifié, comme une imitation polie de ses propres succès.
Ce qui m'a le plus dérangée, c'est l'overdose de pseudo-science. À force d'accumuler mots savants et concepts vaguement quantiques, le roman sombre dans une sorte de « pata-science » qui décrédibilise plus qu'elle n'émerveille. Robert Langdon, autrefois figure charismatique de la symbologie, joue ici les spectateurs complaisants face à des théories qui tirent à hue et à dia. le suspense devient secondaire ; on sent davantage l'exercice de style que l'urgence narrative.
Pourtant Prague sort grandi de l'opération. Les descriptions de la ville sont lumineuses : ruelles, églises, on ressent la ville comme un personnage à part entière. Si, comme moi, vous aimez voyager par les livres, cet opus fera office de guide touristique séduisant. Malheureusement, enthousiasme touristique et intérêt romanesque ne suffisent pas à compenser une intrigue qui tourne souvent en rond et s'étire inutilement.
Je ressors de cette lecture partagée : reconnaissance pour quelques scènes efficaces et un décor parfaitement rendu ; irritation face à une narration trop bavarde et une science trop légère pour convaincre. Ce ne sera pas ma dernière lecture de Dan Brown par principe, mais clairement je reconsidérerai mes attentes. Pour ceux qui cherchent avant tout le dépaysement praguois et quelques rebonds faciles, oui. Pour qui espérait une vraie montée en puissance, passez votre tour.