Le sel de nos larmes, Ruta Sepetys
Une traversée historique et émotionnelle qui ne laissera personne indemne. Cette fois-ci on plonge dans l'Hiver de 1945, entre une Allemagne en débacle et une Russie devastatrice. Ce roman est le pendant de Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre (que j'avais reçu en service presse par l'auteur à sa sortie, une pépite). Néanmoins il n'est pas nécessaire d'avoir lu le premier pour lire cette partie de ce qui est une sorte de dyptique.
Dans ce roman chorale on suit tour à tour des personnages hétéroclites Joana une polonaise en fuite, Emilia et son lourd secret, Florian l'artiste en fuite mais aussi Alfred, le soldat nazi.
Si l'entrée dans le roman peut être un peu difficile à cause de la kyriellle de protagonistes qui se suivent, dans des chapitres très courts et vifs on s'habitue rapidement au rythme. De plus pas besoin d'être féru d'Histoire et de Géoplitique, l'auteur fait le choix, par la voix de ses héros de l'enseigner de manière subtile et pédagogique, même les passionnés apprendront quelque chose.
J'ai beaucoup aimé la manière dont chacun se dévoile au fur et à mesure que ce soit pour le meilleur ou pour le pire. On découvre les horreurs de la guerre, les pires travers humains sans que cela ne donne pour autant dans le pathos, au contraire. Mais aussi des bribes d'espoir, et même parfois de poésie notamment avec le Cordonnier et le petit garçon qui sont les personnages que j'ai le plus apprécié dans le récit. Même le personnage d'Alfred, qui est détestable, gagne des nuances au fur et à mesure du récit, rendant chacun des petits actes dont le lecteur est témoin comme le point d'orgue d'une haissable peinture.
Car au final si l'Histoire est écrite par les vainqueurs ils ne sont pas les seuls à l'avoir faite.
Enfin sur tous ses romans Ruta Sepetys nous livre une fin excellente, émotionnelle et réaliste qui saisira tout à chacun.
Un véritable coup de coeur que je conseille fortement.