Peut-être que Venner n'était, à proprement parler, pas un néonazi mais plutôt un ethno-différentialiste et européaniste façon Nouvelle Droite, il n'en reste pas moins que cet "historien" se faisait l'apologiste du Troisième Reich dans plusieurs chapitres de ce livre. Bien entendu, l'auteur prenait ses précautions et n'y allait pas trop fort, mais l'apologie n'en était pas moins présente durant de longues pages. Toutes les nuances possibles et imaginables sont apportées au Troisième Reich, Adolf Hitler est glorifié sans quasi aucune nuance (ah oui c'est vrai, Hitler était accessoirement antisémite à un niveau pathologique jamais atteint, ce qui parait être qu'un simple détail anecdotique sous la plume de Venner) par contre, pour l'URSS, aucune nuance n'est possible, ce sont définitivement de méchants personnages, alors qu'Adolf Hitler, voyez-vous...
Venner se pose également en nostalgique d'une Europe aristocratique pré-Révolution de 1789. Il fantasme complètement des nobles supposés être de grands guerriers et de bons seigneurs vis-à-vis du peuple sous leur joug. N'y a-t-il pas quelque chose de l'ordre de la morale d'esclave (j'instrumentalise ici intentionnellement le concept nietzschéen) dans cette façon de fantasmer des maîtres parfaits et de les légitimer ainsi ? Venner était-il un esclave-mental des tyrans du passé ? Je me permets de poser la question à nos pseudo-subversifs d'extrême-droite.
Il y a en effet quelque chose d'assez méprisable dans la façon de Venner de présenter sa vision de l'Histoire du siècle de 1914 comme étant autre chose qu'un mélange de faits et de subjectivité de l'auteur, mélange dans lequel l'opinion de Venner prend en réalité complètement le pas sur les faits dans de nombreux chapitres. Bien sûr, écrire l'Histoire c'est toujours apporter une part d'analyse subjective, mais Venner ne semble pas vraiment l'assumer, alors que nombreuses sont ses assertions idéologiques.