C'est tout un récit sur la vie maudite d'une famille sicilienne, où l'on retrace une épopée faite de péripéties violentes, de noms qui portent le poids du destin, et de thèmes bruts comme la violence, la mort, le viol et le vol. C'est un livre bien écrit, d'une richesse qui a tué les générations à suivre, c'est malheureux, mais c'est d'une beauté à couper le souffle, où les descriptions sont fines, précises. Le rythme, malgré qu'il se ressente lourd au début, n'est pas lent, il est lourd comme le sol qu'on foule, mais il avance, il ne s'arrête jamais, et c'est ce qui a su capter mon attention malgré une histoire qui pourrait sembler monotone si on ne la laissait pas entrer en soi.
C'était une lecture qui m'a pris du temps, puisqu'il faut savoir s'y accrocher, se laisser porter par cette vague de chaleur et de sang, mais la fin se lit très vite, tout devient de plus en plus doux, on a l'impression d'être dans la famille, de s'y attacher et de ne plus vouloir partir de cette Italie brûlante. On sent la chaleur du soleil, la poussière des routes, la douleur des pertes, et cette humanité qui résiste malgré tout, qui se bat pour survivre dans un monde qui semble vouloir les écraser. On finit par ne plus voir les personnages comme des fictions, mais comme des êtres réels, des frères, des sœurs, des pères et des fils, dont on partage la vie et la mort..