Le terrier est une rencontre à laquelle on apporte peu d'intérêt en premier lieu. Mais, plus on apprivoise cet oeuvre, plus l'âme torturée nous enivre de ses lettres. Chaque instant de folie du narrateur résonne en ma personne du fait du sublime de sa déchéance. Le narrateur, c'est moi derrière les barreaux de la solitude accrue. Kafka s'évanouit dans l'oubli après cet éclat de vie; la plus grande preuve de vitalité réside dans le luxe passager de cette perte dans la matérialité nauséabonde du terrier. Le terrier est une peau qui ne veut pas muer et se dévêtir. Il y'a dans les sursauts relationnels avec la matérialité des chuintements d'une vie malheureuse et éperdue. L'universalité touche encore plus lorsqu'elle se frotte à la puissance oppressante et décousue de la post-modernité. Rien n'est permis à l'ombre de l'olivier, rien ne subsite dans le creux du terrier; je doute même après maintes lectures que la bête ne soit que conscience, conscience oui mais tout à fait malade en tout. Je suis cette même conscience, nous la sommes sûrement tous mais tellement viscérale est la névrose que comme la bête on s'essoufle dans les galeries et on s'éteint.