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On embarque dans une campagne médiévale ( fictive ) d'un réalisme invraisemblable - et le pied nous manque : on a glissé dans des eaux traîtreuses.
...passent des écharpes de rêveries, de fables, brumes dangereuses, qui s'entremêlent au réel comme bannières au vent, se heurtent des épées, volent les carreaux d'arbalète: trahison !
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Jaworski écrit dangereusement bien, se joue de nous, la moindre transition entre les chapitres recèle des pièges cachés pour le lecteur, quelques fleurs signalées dans un sous-bois au beau milieu d'une course-poursuite peuvent être lourdes de sens, l'intrigue tisse des fils sinueux et toujours chatoyants, les choses et les êtres ne sont jamais ce qu'on croit :
Le plus beau roman, le mieux composé, le mieux ourdi, le mieux écrit, le plus passionnant que j'ai lu depuis très longtemps.
Je ne sais si les tomes suivant seront de la même eau, mais qu'importe : avoir lu celui-là est déjà un trésor - de pierres bleues et vertes, surtout.
Qui luisent comme une eau fourbe où nagent les ondines, et où, peut-être, glissent des serpents...
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( avertissement : pas d'éventrations, pas d'énucléations, pas de description complaisante de viols ici - vous pourriez en être déçus, si c'est indispensable à votre bonheur mieux vaut passer votre chemin )