Comme tout cela est pénible. Lorsqu'il y a une petite année, j'attaquai sans trop y croire les premières pages du "Trône de fer", je ne pouvais pas m'imaginer l'intensité du déchirement qui est le mien aujourd'hui, de retrouver ma morne bibliothèque déplumée de 12 plumes de corbac aux volumes impressionants, tout de même. Qui n'a connu le douce euphorie de se vautrer dans son paddock en s'excitant de retrouver le petit pavé coincé au pied du lit ne peut comprendre la joie qui fut mienne de voyager tous ces mois avec Arya, de protéger le mur avc Jon Snow ou d'ourdir de sombres dessins dans le corsage souvent trop ouvert de la reine Cersei. Mon Dieu (x7), quelle belle somme que celle imaginée par cet autre George Martin ! A en croire que ce patronyme in extenso est béni par je-ne-sais-quel-dragon et que les merveilleuses inspirations de Tolkien ou de Druon ont trouvé receptacle foisonnant dans cet esprit fertile et tâtillon qui propulse cette saga en une obligation moderne de la littérature populaire.
Maintenant, qu'en dire ? Faut-il résumer l'aventure ? Non. Il faut la lire, quoique le verbe falloir s'accorde fort mal avec le verbe lire, à mon goût. Pour être plus précis, il est possible de se noyer dedans avec extase, à condition de supporter une absence de relations sociales assez brève au début ("tu sors ce soir ?" "euh, non, j'ai tournoi avec le chevaliers aux fleurs, désolé") et de laisser couler avec bienveillance une traduction faiblarde qui m'empêche toutefois de poser un gros 10 sur mon bonheur récent. C'est pas tout ça, mais j'ai un Amélie Nothomb à finir (on peut déconner). Chienne de vie.