(...) Et puis vient la deuxième moitié, et là… Non je ne dirai rien, mais croyez-moi sur parole, il s’en passe des choses ! Et j’apprécie tellement quand un romancier installe un tel climat d’incertitude, à tel point qu’on se rend vite compte qu’aucun personnage n’est intouchable. Surprise totale donc, et un récit mené de main de maître, c’est aussi ça le recette du succès du « Trône de fer ».
Et enfin, si cette atmosphère de geste médiévale est si réussie, si prenante, c’est aussi grâce à la traduction de Jean Sola. Je fais partie de ceux qui admirent son travail, tout en avouant qu’il a sans doute dépassé ses prérogatives de traducteur (oui c’est paradoxal), mais ça me semble ici être pour le mieux. Le style de Martin en VO est relativement simple, classique, Jean Sola l’a transformé (et c’est là tout le débat) en quelque chose de très médiévalisant, collant totalement au cadre du récit. Je ne reviendrai pas ici sur les quelques maladresses déjà relevées sur de nombreux sites (dont les fameux loups-garous), mais plutôt sur l’étrangeté des traductions des noms propres, comme les lieux, parfois francisés (et de quelle manière : Vivesaigues pour Riverrun, Lancehélion pour Sunspear, Accalmie pour Storm’s End, Néra pour Blackwater), parfois étrangement laissés tels quels (Winterfell). Idem pour les noms de personnages, là aussi parfois superbement traduits (Nerbosc pour Blackwood, Corbois pour Hornwood) mais parfois aussi laissés de côté (Hightower ? Littlefinger ? Les bâtards Snow, Sand, Storm, Rivers, Stone, etc… ?). Ce ne sont que des détails bien sûr, et le reste de son travail me convient tellement bien que je suis tout à fait prêt à passer outre. Et du coup, je frémis à l’idée de ce que donne la traduction du cinquième tome qui n’est plus l’oeuvre de Jean Sola mais de Patrick Marcel.
Mais j’anticipe car je n’en suis pas encore là. Quoique, puisque au vu de la qualité de ce troisième volume, j’ai bien envie d’enchaîner directement avec le quatrième, d’autant plus que je ne veux pas non plus laisser prendre trop d’avance à la série TV, les spoilers étant de plus en plus difficile à éviter…