Après un premier opus divertissant mais au rythme bancal, Strike et sa complice Robin reviennent en grande forme pour une enquête dans le milieu de l’édition. Si JK "Galbraith" Rowling possède toujours une aisance narrative envoûtante, elle cède encore une fois à son vieux démon du remplissage.


Moins marquées car plus maîtrisées que dans L’appel du coucou, les longueurs font également des incursions répétées dans ce roman. L’ensemble parait malgré tout plus digeste car les éléments fautifs s’intègrent mieux à l’intrigue et n’apparaissent plus comme des incrustations hors sujet. Le rythme est toujours aussi lent mais Strike et Robin profitent de réels efforts de développement psychologique.


La structure du livre est quasi identique à celle du précédent, Strike interrogeant l’un après l’autre les suspects du meurtre dans un ordre savamment pré établit. Peu de rebondissements, une tension lancinante, mais Rowling laisse toujours traîner des petites miettes qui suffisent à stimuler l’appétit du lecteur. Entre l’enquête criminelle, les confrontations avec les suspects et la relation Strike/Robin, les miettes arrivent toujours à sustenter. On connaît le talent de la britannique pour tisser des personnages complexes et humains. Sans fioriture et sans pathos, Rowling ajoute une fois encore une nouvelle épaisseur à ces personnages qui semblent maintenant équipés pour affronter de nouvelles aventures.


L’intrigue est plus dure, plus cynique que la précédente. Comme chez Agatha Christie, Rowling arrive à créer une certaine tension avec peu de moyens. Peu spectaculaires, les scènes paraissent presque sous perfusion mais ce flegme, déroutant de prime abord, distille une atmosphère propre qui suscite l’intérêt malgré ses fragrances anesthésiques.


Rowling excelle en alchimie, sa discipline préférée depuis Poudlard. Elle arrive avec ce second roman sous couverture à fusionner une intrigue complexe et cohérente avec le quotidien d’un couple d’enquêteurs en phase d’œuvre au noir. Après la saga Potter, le virage semble bien amorcé.

Alyson_Jensen
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Passage au numérique : mes livres 2014 à la liseuse. et 2015, année littéraire

Créée

le 8 sept. 2015

Critique lue 845 fois

Alyson Jensen

Écrit par

Critique lue 845 fois

5

D'autres avis sur Le Ver à soie

Le Ver à soie

Le Ver à soie

6

Alyson_Jensen

le 8 sept. 2015

Suivre

Cormoran Strike back

Après un premier opus divertissant mais au rythme bancal, Strike et sa complice Robin reviennent en grande forme pour une enquête dans le milieu de l’édition. Si JK "Galbraith" Rowling possède...

Le Ver à soie

Le Ver à soie

9

ThinkBecca

le 7 juil. 2014

Suivre

Non, ce n'est pas du fanatisme Harry Potter

Comme le dit le titre, oui, j'ai adoré ce roman mais non, ce n'est pas par fanatisme Rowling / Harry Potter. Le premier roman de cette série détective, Cuckoo's Calling, était déjà une réussite...

Le Ver à soie

Le Ver à soie

7

Gwen21

le 23 sept. 2024

Suivre

Critique de Le Ver à soie par Gwen21

Owen Quine, écrivain célèbre, a disparu...C'est sur ce postulat de départ que se construit le deuxième tome des enquêtes du détective privé londonien Cormoran Strike.J'avais beaucoup apprécié ma...

Du même critique

La Horde du contrevent

La Horde du contrevent

9

Alyson_Jensen

le 16 mai 2017

Suivre

Le 24ème hordier

# Ajen, lectrice Jusqu'au bout. Je n'ai guère de souvenirs de ma rencontre avec la 34ème horde. Tout était dévasté. Ou en passe de l'être. Oroshi m'expliqua par la suite que nous avions survécu au...

Everest

Everest

4

Alyson_Jensen

le 14 janv. 2016

Suivre

Les sous-doués passent l’Everest

Everest, le dernier film de Baltasar Kormakur, nous propose une adaptation du récit de John Krakaueur, Tragédie à l’Everest. Basé sur la catastrophique expédition de 1996 qui coûta la vie à 8...

What Remains of Edith Finch

What Remains of Edith Finch

8

Alyson_Jensen

le 8 juin 2017

Suivre

La mort vous va si bien

What remains of Edith Finch se présente comme un simulateur de marche comme il en pleut ces dernières années sur nos machines de bourgeois. Développé par le studio Giant Sparrow, déjà à l’œuvre sur...