C'est un conte fantastique (en quelque sorte) qui se lit bien, qui est drôle, bien écrit et qui est bien mené.
Mais j'ai trouvé l'ensemble un peu simple, et la morale du livre, qui constitue son projet, assez sommaire, voire factice. Le livre se propose d'illustrer qu'un être humain n'est jamais complètement bon, ni complètement méchant, et l'excès de vertu, tout comme l'excès de vice, produit des conséquences négatives. Certes, on peut y retrouver l'idée, déjà souvent exprimée, que ce n'est pas toujours en voulant faire le bien qu'on le produit, mais je trouve tout cela un peu léger, et mettre le "bien" et le "mal" sur le même plan me semble assez trompeur.
Evidemment, le conte veut aussi rappeler qu'être humain, c'est avoir en soi du bon et du moins bon, mais cela, qui ne le savait pas déjà? L'idée de Calvino a été d'inventer un conte où ces deux parties se divisent physiquement et d'en raconter l'histoire.