Le viol provient souvent de personnes proches, provenant du cercle familial et professionnel ; et cette agression sexuelle n'est souvent pas préméditée et calculée. Dans ce cadre, l'effet de sidération de la victime l'empêche de véritablement réagir, de s'opposer clairement, en raison de ce lien de proximité. Tout vient de ce paradoxe et tout en dérive. Il s'ensuit qu'une part importante des violeurs ne correspondent pas à des malades, des personnes violentes, au prototype assigné à ce profil. Cela explique les difficultés de perception, auxquelles celles de porter plainte, de rester en contact avec l'auteur, de lui parler directement de l'événement, faute de procédure pénale véritablement possible.En parallèle, l'appareil judiciaire est basé sur la nécessité de preuves, du déclenchement procédure qu'est la plainte et de la manifestation de l'infraction alléguée par un minimum de preuves, et tous ces éléments compliquent la vie des victimes.
L'auteure présente ici une version destinée au grand public de sa thèse de doctorat en science politique, alors qu'elle a subi ce type d'agression, légalement qualifiée de crime. Elle est liée à son objet d'études, mais a réussi à faire des recherches, de prendre le recul nécessaire pour décrire ce processus de viol ordinaire. Le propos est claire, tout comme sa démarche, ses explications. Le procédé est décortiqué, décliné selon les variantes, étayé par des témoignages et lectures.
Il s'ensuit que cette étude fait réfléchir, amène à reconsidérer sa vision de ce sujet lourd et complexe ; elle s'avère donc véritablement utile.