Une petite fille ne se remet pas de la disparition de sa mère, et elle ne se remet de son deuil que par sa passion subite pour le violon, qui va vite devenir sa seule raison de vivre. Elle va exceller dans son art, être sollicitée par toutes les grandes salles, elle ne vit plus que pour lui et il ne représente plus que le seul lien à l'existence sociale.
C'est ainsi que naît en elle la crainte de troubles de mémoires. Et c'est là que le père de la jeune artiste, Suisse d'origine néerlandaise, évidemment paniqué de la fragilité psychologique de sa fille, se lie avec un chirurgien, qui souffre de la même phobie, tenant à la dextérité de ses mains, et à la santé de ses patients.
Léa, que sa passion a permis de faire revivre, se renferme autour d'elle, s'y emprisonne, et devient étrangère au monde extérieur, à son père lui-même.
Ce roman est très sensible, donc fort touchant, et fait tout autant froid dans le dos. Certains pathologies psychologiques s'avèrent incurables, et rien, aucune manifestation d'affection, aucun sacrifice, ne peut y changer. S'instaure ainsi une sorte de mort en sursis.
A la fois beau, tendre et glacial, ce roman m'a touché, et effrayé quelque peu. Il correspond à un témoignage utile pour toutes celles et ceux qui souffrent de l'éloignement progressif d'un proche. La postface en témoigne.