Elle a perdu la voix depuis que la garde de son fils lui a été retirée ainsi, sa vie est devenue grise et pour combler son quotidien, elle prend des cours de grec ancien.
Lui, perd la vue petit à petit, il a vécu en Allemagne mais a décidé de revenir dans sa Corée natale où il enseigne le grec ancien.
C’est avec une écriture poétique que nous suivons ces deux êtres qui se sont coupés du monde où l’on apprend beaucoup sur leur vie, leur passé et leurs blessures. Deux êtres qui sont dans la même salle de cours, deux êtres qui ne « communiquent » pas encore ensemble mais qui vont se rapprocher à la suite d’un incident où ils vont finir par se rapprocher. Lui va se confier à elle sans trop la percevoir et elle, va l’écouter sans pouvoir lui répondre avec des mots.
L’histoire pourrait être banale mais non, l’autrice nous plonge avec émotions dans la vie de ces deux personnages que l’on arrive presque à ressentir ce qu’ils ressentent au quotidien.
C’est un récit que l’on prend le temps de savourer, de s’imprégner des mots et de leur sens et de se laisser toucher par les émotions qui émanent de ces deux êtres à la vie cabossée.
Pour conclure, ce petit roman est une très belle découverte où j’ai adoré la plume poétique de l’autrice !
« Elle entend et lit de manière distincte tous les mots, mais aucun son ne sort de sa bouche. C’est un silence froid et dilué, comme une ombre ayant perdu son corps, comme le tronc creux d’un arbre mort, comme l’espace obscur entre deux planètes. »
« Les gens pensent qu’au fur et à mesure que la vue faiblit l’ouïe s’aiguise, mais ce n’est pas vrai. On devient avant tout plus sensible aux heures qui passent. Je me sens progressivement écrasé par la sensation du temps qui traverse en permanence mon corps et qui ressemble au cours lent et inexorable d’une coulée de boue. »