Le dernier China Mieville donc. Comme souvent avec le monsieur, on reste à mi-chemin de la fantasy et de la SF, même si officiellement et selon l'éditeur Embassytown ressort de ce dernier genre - un avenir lointain où l'humanité s'est dispersée à travers les étoiles en mettant à son profit la possibilité de voyager dans le "Toujours", en-dehors, ou une surcouche de la réalité, a rencontré plusieurs races d'exo, et est rentré dernièrement en contact avec une race, les Ariekis, qui ont la particularité de d'exprimer à deux voix, ce qui requiert l'intercession d'Ambassadeurs, des couples de traducteurs clonés et continuellement synchronisés pour assurer la communication - jusqu'au jour où l'arrivée d'un nouvel ambassadeur hors-norme remet en cause l'équilibre entre terriens et ariekiens.

Le roman jongle avec les genres - court roman d'apprentissage dans la première partie, puis énigme autours du mystère posé par le nouvel ambassadeur, puis... parodie d'invasion de zombies (si si, texto : Artists plumbed our archives, digital archaeology, back millions of hours, to the antediasporan age. They pulled up corroded ancient fictions to screen. “These ones are Georgian or Roman, I gather,” one organiser told me. “They talk early Anglo, though.” Men and women bled of colour, in clumsy symbolism, fortified in a house and fighting grossly sick figures. Colour came back, and protagonists were in an edifice full of products, and sicker enemies than before relentlessly came for them. We read the story as ours, of course), mais avec en filigrane, une intrigue qui fait l'apologie et qui justifie presque certaines ficelles du colonialisme, ce qui met vraiment mal à l'aise - même si, connaissant le loustic, on peux imaginer sans trop se tromper que c'était son intention, peut-être plus que l'invention d'une espèce réellement extra-terrestre, quasi-incompréhensible (car s'exprimant dans un langage purement référentiel : ce n'est que quand ils apprennent à mentir que le monde est sauvé).

Le roman se termine de façon presque abrupte, sans avoir exploité complètement toutes ses pistes et donc avec un petit goût d'inachevé.

Comme d'habitude avec cet auteur, le style l'emporte sur des idées qui n'ont finalement qu'un rôle ornementale, c'est agaçant.
Comme d'habitude avec cet auteur, c'est joliment écrit et ça se lit avec plaisir.
Bref, une lecture plutôt chouette pour l'été.
Ial
7
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le 19 août 2012

Critique lue 467 fois

Ial

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