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le 20 févr. 2022
SuivreRuches de guerre
Depuis Le pingouin, la lecture des romans d'Andreï Kourkov ne cesse d'être un délice de gourmet, y compris quand l'auteur s'attaque à des sujets"sérieux", comme dans Les abeilles grises qui éclaire...
Voici le premier roman que je lis de cet auteur ukrainien ; Andreï Kourkov, et ce ne sera certainement pas le dernier !
Je serai brève pour ne rien enlever au plaisir de ceux qui liront ce superbe roman.
Au cœur de la précédente guerre entre l'envahisseur russe, soutenu par des séparatistes ukrainiens et l'Ukraine du Donbass vit, dans la "zone grise" , bombardée par les deux camps, un homme humble.
Ils ne sont plus que deux habitants dans le village, lui et son ami/ennemi de jeunesse Pachka. Tout les oppose, mais leur solitude, la vie quotidienne difficile et les bombes qui les menacent régulièrement créent une forme de solidarité, même si Pachka fréquente les russes pour en retirer des avantages en nature comme de la Vodka et que Sergueïtch préfère créer des liens avec un soldat ukrainien. L'hiver est rude, il n'y a plus d'électricité. La vie quotidienne est admirablement rendue, avec ses petits bonheurs et ses grandes angoisses. Sergueïtch est aussi un homme bon, un homme capable de se sacrifier pour ses ruches lui donnant un miel précieux.
Je n'en dirai pas plus si ce n'est que le récit de cette vie est magique. Alliant tendresse et humour, le récit nous transporte dans cette région d'Ukraine.
A la moitié du roman, Sergueïtch entreprend un voyage vers la Crimée pour que ses abeilles bénéficient d'un climat propice. Nous suivons son voyage entrecoupé de check point, de campements improbables, de rencontres très belles. Les peuples souffrent mais les individus se révèlent pleins de bon sens, de délicatesse, d'hospitalité, comme si la guerre ne les concernait pas, elle qui pourtant entraîne arrestations, exécutions, persécutions. Il y a aussi quelques rencontres dangereuses où la violence s'exprime mais la simplicité du personnage semble l' effleurer, il n'accorde d'importance qu'au bien.
La beauté de ce roman est de montrer que l'humain peut être plus fort que le mal qu'il a créé, qu'il peut prendre exemple sur l'harmonie, l'humilité et le dénuement du monde des abeilles pour vaincre la guerre et le mal.
Je le conseille vivement.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 9 avr. 2025
Critique lue 168 fois
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le 20 févr. 2022
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