Le talent de Silverberg transparait une fois de plus dans ce bouquin, qui n'est pourtant pas une de ses œuvres majeures. J'ai eu en plus le plaisir de lire dans une édition ancienne (1975), dotée d'une de ces couvertures emblématiques de la S.F des années 70 (du siècle dernier). Et au delà du seul aspect graphique de la chose, l'auteur - dans son texte - parvient à entremêler de façon convaincante plusieurs sous-genres de la littérature d'anticipation. En l'espèce fantasy (confréries, déplacements à pied, quête) et futurisme (technologies incroyables), le tout matinée d'une pointe d'uchronie ou plus exactement de prospective (Rome, Paris, Jérusalem) puisque l'histoire se situe dans un futur très lointain.
Il y est question de l'humanité, de sa formidable capacité créative, mais aussi de ses tares originelles aux allures de péchés capitaux : orgueil, avarice, envie, colère et luxure. Paresse et gourmandise sont un peu laissés de côté, mais à vrai dire il me paraissent mineurs en regard des premiers. Une humanité qui a connu un âge d'or, mais s'est laissée déborder par ses tentations et qui est désormais en déclin, et l'on relève ainsi des touches de post-apocalyptique et de space opera. A dire vrai, le côté métaphysique, voire carrément religieux, est très présent dans ce bouquin, à travers la rédemption recherchée par le personnage central, rédemption qui s'achèvera par un pèlerinage à Jérusalem et un renouvellement littéral de sa personne.
Voilà, l'ensemble se lit très bien (Silverberg est un extraordinaire conteur) et le final est particulièrement réussi, émouvant sans tomber dans l'excès de pathos.