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Cela fait 25 ans, depuis la parution du Pingouin, qu'Andreï Kourkov nous enchante tout en approfondissant notre connaissance de l'âme ukrainienne. Le caractère quelque peu loufoque de ses premiers romans a un peu disparu, les temps difficiles dans son pays n'y sont pas pour rien, mais le sens de l'absurde, non point. Tout du moins dans ses ouvrages de fiction qu'il alterne désormais avec des livres liés à la triste actualité de la résitance à l'agression russe. Les bains de Kiev poursuit sa série consacrée à la capitale ukrainienne, au lendemain de la révolution bolchévique, en un temps de chaos et d'incertitude, qu'il retranscrit avec une grande précision topographique, qui pourrait se suivre, le cas échéant, avec une carte de la ville à la main. L'intrigue du roman, qui implique pour la troisième fois un jeune milicien, est un prétexte pour évoquer la vie quotidienne en cette époque trouble et instable où les combats de la guerre civile font rage à proximité. Dans Kiev, sous bannière soviétique, une galerie de personnages issus du petit peuple est croquée avec une authenticité de trait indéniable : cochers, commerçants, artisans, employés… Son héros, policier à l'oreille coupée, se débat jour et nuit dans une enquête peu banale, avec la disparition inexplicable de 28 soldats dans un établissement de bains, avec la menace très présente de la redoutable Tchéka. Kourkov décrit tout ce petit monde qui survit tant bien que mal, plus habitué à manger des oreilles de porc croustillantes que du caviar noir, avec une alacrité et une ironie qui font mouche et symbolisent un lointain écho au courage actuel des habitants de Kiev et de l'Ukraine toute entière.
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Créée
le 26 déc. 2025
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