Avec sa saga se passant durant les Trente glorieuses, Pierre Lemaitre souhaitait rendre hommage aux grands romans de Hugo et Dumas (notamment). Des histoires simples mais emballantes et rythmées, des personnages lorgnant vers les archétypes habituels, éléments auxquels il faut ajouter une typologie pour chaque volume (un roman d'aventure, un roman social, un roman d'espionnage).
Avec Les Belles promesses il nous propose un roman policier (enfin qui inclut une enquête policière plutôt), se passant durant les années 63-64. On retrouve la famille Pelletier mais il est bon de noter que ce livre peut-être lu sans avoir pris connaissance des précédents.
L'intrigue principale est que François commence à douter de son frère en découvrant qu'il est potentiellement responsable de la mort de plusieurs jeunes femmes. Le faisceau d'indices l'amène à enquêter sur son propre frère, Jean.
S'ensuit un roman très plaisant, pas forcément mémorable, mais toujours captivant. Dommage quand même que le traitement des personnages manque de finesse, même si l'on comprend que c'est volontaire. Mais là où Hugo et Dumas justement parvenaient à faire de vrais personnages complexes tout en s'appuyant sur des archétypes, Lemaitre se cantonne à des personnages un peu trop simplistes à l'image de la méchante et cruelle Geneviève.
Le roman reste continuellement dans la légèreté aussi là où les auteurs classiques savaient mêler émotion et rire, aventure et passages plus introspectifs. Ici on baigne en permanence dans un récit qui ne s'alourdit jamais, ce qui en fait une lecture facile mais peu touchante.
On ne s'attache pas réellement aux personnages même si l'on suit leurs péripéties sans déplaisir.
Idem pour les à côtés historiques, sociaux et politiques qui n’ont que peu d'importance au final.
Un bon roman donc mais que l'on oubliera assez vite.