Elles sont trois, trois jeunes femmes sortant de l’ordinaire, résolument décidées à faire fi des a priori. La première raison tient à leur métier, un métier d’hommes, elles l’ont bien compris dès le début de leur formation : la préparation au CAP des métiers de la boucherie est clairement masculine, et même machiste. Il leur faudra beaucoup de confiance en elle-même et un art certain de s’armer d’un bouclier contre les agressions incessants à caractère sexiste. Mais les faits sont là : les remarquables et remarquées bouchères ont ouvert leur boutique à Rouen, et loin de la rêverie mélancolique d’une Emma Bovary, elles découpent côtelettes et rôtis dans une sorte de concept store de la bidoche, qui masque la violence des gestes derrière le doré des paillettes, elles s’adonnent avec passion à leur activité, qui rapidement ne va pas se limiter au commerce de protéines animales…
Message féministe, qui rend compte de a lutte quotidienne des femmes pour s’affirmer dans un monde masculin, dans un souci d’égalité, mais aussi lorsque le pire est commis, pour pouvoir se venger par ses propres moyens puisque ce qui fait office d’autorité n’est pas efficace.
Si l’humour nait des situations et des malentendus et de la hardiesse de nos trois personnages, d’autres protagonistes rodent, beaucoup moins sympathiques. Au point de prendre fait et cause pour celles qui ne font que se rendre justice.
On n’est pas non plus dans le manichéen d’une guerre de sexe, puisque les hommes sont aussi incarnés par des personnages sympathiques (on pense à Nour, même si l’on craint parfois que son discernement l’amène comprendre les dessous de l’affaire et mette en danger les bouchères.Car il faut le dire, malgré l’amoralité l’histoire on a quand même bien envie de cautionner les actes de vengeance, dans le cadre restreint d’une aventure littéraire …
Un bon moment de lecture pour les idées féministes qui sont distillées au cours des pages. Un petit bémol pour l’écriture, qui ne m’a pas emportée.