Les Braises est un livre bien écrit, concis, efficace et enrichissant. C'est l'histoire de deux vieillards, auparavant les meilleurs amis du monde, qui se retrouvent après quarante ans à... ne rien faire. À gâcher leur vie au sujet de frustrations passées, d'un triangle amoureux où aucun des protagonistes n'a connu le bonheur, et à attendre des réponses toute leur vie au lieu de faire quoi que ce soit d'autre. C'est l'histoire d'une obsession qui consume la vie d'un général hongrois recevant l'empereur chez lui et d'un officier passionné de musique pour qui toutes les portes étaient ouvertes. Le livre donne l'impression d'un gâchis monumental de vies qui avaient tellement mieux à offrir, à cause de sentiments bêtes comme l'orgueil, l'ego, la jalousie ou le sens du devoir.
Le livre dépeint de façon formidable la façon dont les sentiments qui lient les hommes est à la fois leur plus grande force et une vulnérabilité exploitable. La réflexion des personnages sur des sentiments comme l'amitié, la confiance ou la frustration, sur fond de différences sociales insolubles, est passionnante. Le livre se dévore sans peine et a pour posture assumée d'inviter le lecteur à la réflexion, à l'introspection, voire à la méditation.