Incontournable Roman Mars 2026


Comme le spécifie pour chaque livre de la collection, "Les cheveux bleus" fait parti de la fratrie "petite poche" aux éditions Thierry Magnier. Cette collection est composée de "micro-roman" plus petits encore que les romans en format poche, qui peuvent réellement se glisser dans une poche de pantalon, et proposent de très courtes histoires d'environ 45 pages contenant chacune quelques phrases tout au plus. J'affectionne cette collection pour plusieurs raisons:


1- Idéal pour les classes d'accueil, qui ont besoin de courtes histoires sans illustrations pour leur allophones en francisation, avec un vocabulaire accessible.

2- Intéressant pour les lecteurs avec défis, soit ceux et celles qui détestent lire ou ceux et celles pour qui c'est un défi de traitement ( Troubles DYS). La police n'est ps gigantesque, mais elle n'est pas petite et serrée.

3- Une bonne idée pour les périodes de lecture courtes, les biblio-classes qui ont besoin de plusieurs livres à petit budget ( 6/7.95$ canadiens chaque).

4- Contiennent plusieurs genres littéraires entre 6 et 12 ans ( lectorat intermédiaire) généralement universelles sur leurs thèmes, parfait pour adapter les jeunes comme les plus vieux.



Je cherchais dans les actualité un parallèle à faire avec l'écomilitantisme dont il est question dans ce roman. En jeunesse, il est tabou de parler des violences, particulièrement avec les 8-12 ans ( lectorat intermédiaire), et le sabotage des chantiers me semblait donc un sujet, certes pertinent, mais peut-être difficile à proposer en librairie. Mais, récemment, j'ai pu suivre comme bon nombre de citoyens dans le monde l'étonnante et aberrante histoire de l'île albanienne, la réserve naturelle de Zvernec, refuge magnifique pour des milliers d'oiseau, dont des flamands roses. Et j'ai repenser à ce livre. C'est malheureux, mais parfois, la violence est le seul langage qui nous reste contre la tyrannie, parce que c'est bien l'enjeu: La fille du gros imbécile qui gouverne les États-Unis a décidé de convertir une réserve naturelle en ressort pour ultra-riches parce que madame, dans son immense arrogance, a décidé qu'elle voulait l'île. L'arrogance démesuré des élites,c'est toujours aussi déconcertant. Bref. Des citoyens Albaniens ont tenté de mettre à terre les clôtures qui délimitait le chantier, mais se sont attaqués par des gardiens de sécurité. Pire, on apprendra que c'est de la pure corruption qui est à l'origine de tout ce bazar, puisqu'il a fallu trafiquer les lois pour permettre à la nunuche riche d'acheter l'île, une réserve naturelle on se rappelle. Les Albaniens sont furieux et mènent une fronde depuis des semaines pour faire tomber leur gouvernement corrompu jusqu'à l'os. C'est révoltant de penser qu'en matière de violence, les citoyens ordinaires sont maintenus à coup de lois et de règles, mais pas les plus riches, qui instrumentalisent le système pour mettre en place leur violence. Espérons que les Albaniens aient gain de cause.



Dans le présent roman, il est aussi question de protéger un territoire, une forêt. Notre héroïne parle de sa mère écomilitante, aux cheveux teints en bleus, orienter toute son énergie pour sauver cette forêt, mais qui finira épuisée et isolée. L'indifférence tranquille des gens de sa ville semble miner son envie de se battre. Même ses deux enfants, sa fille et son fils, sont agacés de sa détermination. Toutefois, quand la maman se détache de son projet, elle semble gagnée par une apathie continue. Notre héroïne va donc commencé à prendre conscience par elle-même des enjeux qui inquiétaient sa mère. Elle s'informe plus. Surtout, elle réalise que sa mère désormais indifférente est encore plus dur à supporter. Elle et son frère s'engage alors à prendre le combat de leur mère, se trouve un petit groupe d'amis pour tenter un sabotage sur le chantier qui va détruire la forêt vulnérable. En hommage à leur mère, ils se teignent tous les cheveux en bleu et partent briser un des véhicules laissé sur le chantier sans surveillance.



Les manifestations contre les entreprises et corporations qui veulent développer au détriment de l'environnement, il y en a pleins en littérature jeunesse, mais beaucoup moins sur le fait de saboter ou vandaliser. Je me rend cependant compte que c'est un débat réel à avoir. Quand une compagnie détruit un milieu naturel pour s'enrichir, parle-t-on alors de violence envers notre propre écosystème? On le voit dans le monde, la destruction environnementale met des gens en danger, soit sur le santé directement ou sur leur intégrité physique. Pourtant, parle-on de violence? Pas explicitement. Ça me rappelle une phrase dans le jeu Assassin's Creed Syndicat: "Voler des riches, c'est criminel, voler des pauvres, c'est du capitalisme". Ici, ça me semble coller: Vandaliser un véhicule sera perçu comme un acte de violence condamnable, mais détruire un milieu naturel nécessaire à la bonne santé de notre communauté, ce sera considéré comme nécessaire au progrès. Il a le dos large, le progrès.



Une notion qui a lentement émergée est "L'acceptabilité sociale", soit le consentement des acteurs concernés, notamment les citoyens, les scientifiques ou encore les premières nations. Tenir compte de cette acceptabilité, c'est éviter des drames inutiles. Au final, la grande question qui est posée est "la violence devint-elle nécessaire quand la communication faillit?" Peut-on éviter d'aller dans les actes violents en considérant les besoins de tout un chacun? La violence, ce n'est jamais une solution, ou du moins, c'est la solution qu'on souhaite éviter. Malheureusement, dans l'histoire, les dérapages arrivent quand la communication entre les acteurs concernés se fonctionne plus ou que des abus sont commis contre des citoyens au nom de la prospérité économiques de certaines élites. Je me demande même si dans certains cas, on ne pourrait pas parler de "défense nécessaire" plus que "violence"? La désobéissance civile a été utilisée durant les guerres et tristement nous sommes justement dans une situation où il faut se battre contre ceux qui profitent de la dégradation de notre planète pour s'enrichir.



Alors, comme les Albaniens qui lutte pour garder un de leur bijou naturel, ici, on lutte pour préserver un milieu forestier, mais à hauteur d'adolescent. Je serais très curieuse d'entendre les réflexions des lecteurs qui liront ce roman. Après tout, notre jeunesse est encore plus concernée que nous face à la dégradation des milieux, car ils seront ceux qui subiront le plus ces effets délétères.



Pour un lectorat intermédiaire du 3e cycle primaire, 10-12 ans+

Créée

le 6 juil. 2026

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Shaynning

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