Januel appartient à l’ordre des Phéniciens et il doit ressusciter le phénix. Cet acte est vital pour l’alliance face à l’invasion de la Charogne. Mais Januel n’aime pas la guerre…
Cette critique couvre la trilogie.
Mathieu Gaborit est un poète à l’imagination sans limites. Il s’est fait connaître avec les riches et originales Chroniques des Crépusculaires en réinventant la fantasy. Après s’être amusé avec Abyme, il écrit un nouveau cycle dans un autre monde, Les Chroniques des Féals.
Les univers de Mathieu Gaborit sont jeux-de-rôlesques et connaissent d’ailleurs plusieurs adaptations en jeux de rôles. Les Chroniques des Féals n’échappent pas à ce style et en amplifiant même le principe.
Comme souvent dans les histoires de cet auteur, le héros est plus un témoin qu’un narrateur. Certes, il effectue les actions, mais il est généralement bien pâle comparé aux personnages secondaires. C’est particulièrement le cas de Januel, sorte de moine briguant la sainteté. Le monde est complexe, mais il ne sert que de prétexte à une seule chose : la Charogne. En effet, Mathieu Gaborit a pris un plaisir évident à décrire cette dimension de l’impermanence où l’oubli est le destin de tout ce qui s’y trouve. Il parvient à rendre touchant les morts-vivants qui habitent ce monde, pourtant monstrueux par essence. Les descriptions sur la décrépitude du corps ressemblent à un constat impitoyable de la vieillesse, et c’est bien la peur de la mort qui anime l’auteur dans cette œuvre.
Les Chroniques des Féals est une longue série originale, mais touffue. Son intérêt principal réside, à mon sens, dans la Charogne, cette fabuleuse dimension de morts-vivants dont les habitants font ce qu’ils peuvent pour reculer l’inévitable. Il est dommage que Mathieu Gaborit n’ait pas eu le cran de centrer ses romans sur ce monde qu’il prise tant, il nous aurait régalés. À découvrir tout de même pour savourer la fabuleuse imagination de cet auteur.