Fort heureusement, ce roman de "la Simone de Beauvoir du Japon" (selon le bandeau de Gallimard) n'a pas grand-chose à voir avec les fadasses écrits autobiographiques de notre Simone nationale, puisqu'il s'agit d'une ample fresque romanesque. Il n'a pas grand-chose à voir non plus avec un féminisme convenu : Fumio la moderne, qui s'oppose à sa mère Hana, garante de la tradition, est loin d'incarner un idéal... Non, c'est un vrai roman, sans "message", une méditation sur le temps qui passe, les liens paradoxaux qui s'établissent entre les générations. Un roman bien ancré dans le Japon du 20e siècle, mais poétique aussi. Une très belle surprise pour moi qui n'en attendais pas tant. Le mieux qu'on puisse souhaiter à la postérité de Beauvoir, c'est qu'au Japon, on la présente comme "La Sawako Ariyoshi de France".