D'après Wikipédia, il était question d'une trilogie de Mathias Thannauser (le héros). Apparemment, Willocks s'est arrêté à deux tomes.
On s'en réjouit !
Le premier (« La Religion »), déjà très "gore", avait au moins une intrigue plutôt intéressante. Ce second tome est parfaitement grotesque.
L'intrigue est inexistante : des méchants ont une vendetta contre le héros et sa famille, mais on n'apprend jamais en quoi elle consiste. C'est très pratique pour l'auteur qui n'a pas à se casser la tête pour tricoter une vraie histoire, mais ça ne va pas très loin.
Cette absence d'intrigue est prétexte à environ 1000 pages de tueries sanglantes avec moult détails anatomiques, tant externes qu'internes, servis par la formation médicale de Willocks. Des scènes qu'on imaginerait plus dans un jeu vidéo. On croit d'ailleurs entendre le bip du compteur additionnant les cadavres, car le seul héros doit bien occire une centaine de personnes en 24 heures, ce qui fait quand même une moyenne d'un assassinat par quart d'heure. S'il y avait eu un troisième tome, Thannauser se serait sans doute retrouvé à Hiroshima, tuant plus de monde à lui seul et à main nue que la bombe elle-même…
Si on ajoute à cela des considérations pseudo-philosophiques totalement creuses mais formulées de façon alambiquée, et des longueurs à n'en plus finir, on se dit que le bouquin pourrait être réduit au tiers de sa taille, ce qui serait déjà très long compte tenu du fait que les personnages secondaires sont aussi invraisemblables que grotesques.
J'ai longtemps cru/espéré qu'un ultime rebondissement apporterait vers la fin une raison de se dire qu'on n'a pas lu tout ça pour rien, mais non.
Bref, un pavé ridicule dégoulinant d'hémoglobine, d'excréments, d'entrailles fumantes et d'éclaboussures de cerveau, avec une histoire qui ne tient pas debout, qui n'apporte ni divertissement ni plaisir, mais l'impression qu'on s'est fait avoir par un auteur qui n'écrit que pour exorciser ses névroses sanguinaires.