Des blessures qui ne cicatrisent jamais

C'est de son meilleur roman, Tous les oiseaux du ciel, que se rapproche le plus le petit dernier d'Evie Wyld, intitulé Les Échos. L'un et l'autre se partagent entre l'Australie et l'Angleterre et ils ont en commun de faire monter la pression jusqu'à la révélation d'un secret bien enfoui. Ce sont deux livres à l'atmosphère étrange, parfois sordide, mais c'est aussi un aspect que l'on retrouve dans l'ensemble de l'œuvre, bien qu'encore courte, de l'écrivaine anglo-australienne. Les Échos parcourt trois temporalités : Après, Avant et Alors, qui correspondent respectivement à ce que voit un fantôme dans l'appartement qu'il occupait, avant sa mort avec sa compagne, puis à sa vie de couple peu de temps auparavant et enfin à l'enfance de la femme, dans la campagne australienne. Comme l'autrice ajoute également de courts portraits de personnages plus secondaires dans d'autres chapitres, il faut un peu de temps pour s'accommoder de cette construction en forme de puzzle. La tonalité d'ailleurs est assez différente selon les époques traitées, avec un brin d'humour, de temps à autre, qui ne fait pas de mal dans une ambiance plombée, surtout du côté de l'Australie. Reste un roman d'amour, de deuil et de blessures qui ne cicatrisent jamais qui accorde en sus une place non négligeable, même si on l'aurait souhaité plus grande, à la période tragique d'acculturation des aborigènes. En somme, un livre presque trop riche et complexe, mais qui impressionne par son écriture incisive et sa tendance à ne jamais relâcher la tension, quitte à susciter parfois une forme de malaise.

Cinephile-doux
7
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le 10 avr. 2026

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