Avec Les Extraordinaires, Julien Sandrel confirme une fois de plus qu’il est de ces auteurs capables de surprendre à chaque nouvelle parution. Là où d’autres explorent le même registre, lui change d’univers, de thématique, de décor — et pourtant, on retrouve toujours cette même signature : une histoire profondément humaine, racontée avec émotion et délicatesse.
Ce roman est avant tout celui de personnes ordinaires qui rêvent grand. Des femmes et des hommes cabossés par la vie, porteurs de blessures visibles ou invisibles, mais animés d’une volonté farouche d’aller au bout de leurs aspirations. Chacun avec ses fragilités, chacun avec ses peurs, ils vont pourtant se dépasser, s’entraider, et tenter ensemble de toucher les étoiles.
Et le titre prend alors tout son sens : ces « extraordinaires » ne le sont pas par des pouvoirs spectaculaires, mais par leur courage, leur résilience et leur capacité à croire encore en leurs rêves d’enfant.
Entre la détermination d’Anna, la surprenante Nabilla — qui rappelle qu’il ne faut jamais juger un livre à sa couverture — et Diego, dont la force mentale force l’admiration, les personnages forment un groupe d’une richesse et d’une complémentarité bouleversantes. Individuellement fragiles, ensemble ils deviennent une véritable force.
Le récit est vivant, rythmé par de véritables péripéties qui tiennent en haleine jusqu’à la dernière page. On tremble, on espère, on doute avec eux : parviendront-ils à réaliser leur rêve ?
Comme souvent avec Julien Sandrel, les thèmes abordés sont nombreux et forts : le deuil, la maladie, le handicap. Mais jamais l’auteur n’en fait trop. Il traite ces sujets avec justesse et sensibilité, sans pathos inutile.
La référence au kintsugi — cet art japonais qui consiste à réparer les objets brisés avec des feuilles d’or pour leur offrir une seconde vie — est d’une beauté saisissante. Elle symbolise parfaitement les héros de ce roman : brisés, peut-être, mais sublimés par leurs fissures. Et c’est sans doute là toute la force du livre.
Les Extraordinaires est un roman lumineux, porteur d’espoir, qui nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour croire en ses rêves — et qu’au fond, l’extraordinaire naît souvent de nos fragilités.