Aventures minimalistes et réflexions comico-profondes d’une sorte d’avatare moderne (donc lesbienne) du Meursault de Camus. Concrètement, cela donne un bric-à-brac tantôt éblouissant (ma liseuse est pleine de surlignages) tantôt exaspérant (ma liseuse est pleine de pages non lues). Chaque chapitre démarre sur les chapeaux de roue, pulvérisant nos egos - ou dénonçant notre aliénation, c'est comme on voudra - dans un feu nourri de formules au scalpel (ma préférée: “ De la même manière que nous pleurons nos morts, nous aimons les frites.”) Et puis le moteur s’emballe, ça vrombit à vide, ça s’écoute écrire, la sortie SVP ? au fond du tunnel à droite ; ça sent le spectacle chic et chiant à l’Odéon, à la fin duquel on applaudit frénétiquement au cas où on aurait vu un chef d'œuvre.
En bref : j'ai aimé ce livre, à l’arc narratif délibérément débandé, parce que 1/ j'aime les romans dont le langage est le héros et 2/ j'ai une bonne pratique du saut en longueurs.