Comment deux frères qui jouissent d’une situation très confortable peuvent-ils mourir, abandonnés, dans une maison débordant de déchets ? Marcia Davenport se propose de répondre à cette question dans Les frères Holt, qu’elle écrit en s’inspirant d’un fait divers qui avait fasciné l’Amérique des années 40. Pour ce faire, l’autrice américaine détricote l’existence de ces deux hommes, pourtant commencée de manière prometteuse, avant qu’elle ne connaisse un déclin fatal.
S’il avait été possible de poser la question à Seymour et Randall, ils auraient probablement accusé leur grand-mère d’être responsable de leurs maux. La vieille femme acariâtre et tyrannique avait passé sa vie à rendre la leur insupportable. Et, malheureusement, leur mère, qui était veuve, se présentait comme un bien maigre rempart contre la méchanceté de la matriarche. Mais le pire, c’est que, perverse, la grand-mère s’était arrangée pour que leur calvaire se poursuive bien après sa mort.
Le testament qu’elle a rédigé est infantilisant. Les frères Holt ne pourront pas avoir accès à la fortune laissée par la sorcière avant leur quarantième anniversaire. De plus, ils se retrouvent comme enchaînés à la demeure familiale qui tombe en ruine. Mais en réalité, et en dépit de leur enfance marquée par les outrances de la vieille femme, ce sont les frères Holt qui sont responsables de leur sort. Plus les années passent, plus leur caractère les éloigne. Seymour se remplit d’une amertume qu’il semble avoir héritée de sa grand-mère. Randall, d’un naturel plus effacé, accepte les coups durs avec la même passivité que leur mère...
Lire la suite