Chevauchant le long des routes étranges et sauvages qui menaient en Avalon, nous cheminâmes, Ganelon et moi, empruntant des allées de rêve et de cauchemar, illuminées par l'écorce cuivrée du soleil et les archipels brûlants de la nuit, jusqu'à ce que ceux-ci fussent des éclats d'or et de diamant où la lune glissait comme un cygne. Quand le matin révéla comme un cri le vert du printemps, nous traversâmes un fleuve puissant et les montagnes devant nous étaient encore drapées du givre de la nuit. Je décochai une flèche de mon désir dans le noir du firmament et elle s'embrasa dans le ciel et fila vers le nord, tel un météore. Le seul dragon que nous rencontrâmes traînait la patte, et il fila se cacher en boitant et en roussissant les marguerites de son halètement de vieillard cacochyme.
Traduction par Ronald Blunden.