Ceci est l'histoire épique d'Antonio de Arauso, née Catalina au pays Basque et destinée au couvent, avant de s'échapper à 15 ans et de parcourir les routes d'Amérique latine, de long en large, poursuivant une carrière de soldat, de commerçant et de muletier, au début du XVIIe siècle. Si Les griffes de la forêt n'est pas stricto sensu une biographie, il semble que l'autrice argentine Gabriela Cabezón Cámara reste fidèle aux principales péripéties de l'existence de son héros (héroïne), mais dans un certain désordre narratif, et c'est en particulier là où le bât blesse. Fugitif, Antonio/Catalina se retrouve en effet au cœur de la forêt, accompagné d'un chien, de deux singes et de deux fillettes indiennes, lesquelles ne cessent de le questionner sur son identité et ses croyances religieuses. Dans le même temps, il commence une longue lettre destinée à sa tante de l'autre côté de l'Atlantique. Ces chapitres alternent avec le récit de son proche passé de prisonnier. Dans ce foisonnement d'aventures et de violence, si l'on ne perd pas pied, il est difficile de rester constamment concentré entre les épisodes picaresques et le style assez souvent contemplatif. Est-ce mal penser que d'imaginer qu'avec une telle histoire, un Arturo Pérez-Reverte, par exemple, aurait pu écrire un roman autrement palpitant ?

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le 21 déc. 2025

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