Les Liaisons dangereuses par Much
Je l'avais lu, je l'avais aimé. Je l'ai relu, je l'ai préféré. Il y a fort à parier que je le relirai.
C'est qu'ils sont beaux, dans leurs mots, les deux infâmes. Et c'est qu'ils planent haut au-dessus des pauvres âmes qui à la fois envient et aspirent à leur grandeur. On pourrait les haïr de tant de cynisme, on les admire de tant d'intelligence. Car que font-ils, finalement, sinon taper du pied dans la fourmilière d'une société qui le mérite amplement.
Certes, il leur arrive d'être cruels. Certes encore, l'idée de remord les effleure moins que leurs mains effleurent de corps. Mais au moins ils vivent sans s'excuser d'exister, et ils n'ont pas avalé la clé de leur cage dorée. Ils sont libres, finalement, quand tous les croient attachés à leur rôle.
Bien que les Lettres des autres protagonistes soient, par le style, tout à fait agréables, celles qu'échangent le Vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil sont délectables. Ce qui les lie nous lie à eux. Leur machiavélisme n'est rien d'autre que réjouissant, si bien que l'on peine à plaindre les humains instruments de leur jeu qui, livrés aux sentiments bienséants, ignorent beaucoup de la passion.
Il n'est d'ailleurs pas étonnant que Valmont se dise prêt à sacrifier des troupeaux d'agnelles à sa louve Marquise car au fil de la lecture s'impose à nous l'idée scandée par une obscure chanteuse de ma contrée: Ils sont faits l'un pour l'autre. Et, dans le monde de la littérature, ils ont de bonnes chances de vivre heureux encore longtemps.
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