Une nation qui voit ses enfants, particulièrement les meilleurs d'entre eux, être envoyés dans une zone hostile pour affronter un adversaire terrifiant, on a déjà lu cela. Hunger Games il y a quelques années abordait déjà un peu ce thème, le mythe de Thésée et le minotaure et il a un peu plus de deux millénaires.
Néanmoins, tout est dans la plume. Celle de Margot Dessenne est affûtée. Dans cette première partie de la trilogie Absolu, Les mobilisés témoigne de l'envoi, année après année, de cohortes de jeunes étudiants de l'institut qui doivent entrer dans la Zone. Lieu sinistré de l'ancienne Varsovie ceint de hauts murs indestructibles, il s'agit du repaire de la Chose, créature créée par l'homme a qui a décimé les habitants. Les mobilisés doivent trouver le moyen de la neutraliser. 20 ans que cela dure.
Le lecteur est invité à suivre différents protagonistes. Chaque chapitre, plutôt court, aborde le point de vue d'un des mobilisés. La tension est palpable, l'angoisse sous-jacente. On ne s'ennuie pas à lire ce récit de drames, de pertes, de tristesse mêlées. L'autrice sait susciter l'intérêt par des rebondissements récurrents, presque trop fréquents. C'est ainsi que nos héros tomberont de Charybde en Scylla plus souvent qu'à leur tour. Au terme de défis, de trépas et de larmes, un épilogue troublant.
Ce dernier appelle sans attendre à entamer le second, dans un tout autre contexte. Mais ceci est une autre histoire.