Ludwik est un polonais immigré aux États-Unis depuis plusieurs années. Aujourd'hui, il écrit à l'homme qu'il a aimé, là-bas, au pays. Une idylle sans modèle auquel se rattacher. Tout était à inventer dans un pays où leur homosexualité ne semblait avoir que deux issues : l'abandon à la solitude ou la vie cachée.
Ils s'aimaient, ils aimaient s'aimer. Alors ils étaient prêts à se rêver autrement. Pour Ludwik, politisé très jeune, en rébellion contre un gouvernement autoritaire vendu aux intérêts russes, leur salut ne peut s'inscrire que dans l'exil. Tandis que pour Janusz, aucun système n'est parfait mais celui-ci lui a permis de faire des études et de soigner sa mère. Il est aussi le seul dans lequel ils peuvent espérer accéder à une position sociale confortable dans le pays dont ils parlent la langue et où il a commencé à nouer un réseau social solide.
Dans un roman qui évite subtilement l'absolu d'une dualité caricaturale, l'auteur nous parle d'une guerre invisible entre les sentiments et leur environnement. L'amour peut-il survivre entre les pages d'un livre de Baldwin, ou dans le souvenir des eaux d'un lac ? Peut-il courir plus vite qu'une réalité matérielle qui l'empêche ou devrait-il lutter contre elle?
J'ai tout aimé dans ce livre : ce qu'il dit, ce qu'il fait comprendre et (surtout) toutes les réponses qu'il ne donne pas.