Une histoire vraie qui offre toute la matière nécessaire à un récit de qualité. Trois actes : le départ et le voyage en mer (avec les conditions horribles à bord), le naufrage et la survie sur l’île (avec la remise en cause de l'autorité et des règles de vie dans ce qui est une une nouvelle société) puis le retour et les conséquences des mutineries, des oppositions.
David Grann relate tout ça de façon captivante. On est d'abord effrayé par les tourments que subissent les marins du fait des nombreuses maladies dévastatrices (plus que toute autre chose au long de ce périple), des conditions climatiques dantesques, des préparatifs laborieux, des rats. Rien de semble épargner la vie à bord. Comme la plus horrible des prisons.
Puis l'on est horrifié par les réactions de l'être humain dans de pareilles circonstances (mais qui est-on pour juger ?), les divergences qui poussent à la mutinerie, à la rébellion, la faim qui pousse au vol voir au meurtre pour finir par faire envisager le cannibalisme. On assiste à la création d'une société dans une situation chaotique avec tout ce que cela implique de lutte, de colère, de renversement et de désordre.
On finit étonné de voir que les rares survivants se tirent encore dans les pattes quand il s'agit de rentrer, de faire face à la loi de l'empire britannique, au jugement de la société. On écrit des livres pour donner sa version des faits, on se dédie, on s'enfuit.
On apprend beaucoup de choses sur cette période (la déforestation entrainée par la construction de ces navires !) au travers d'un récit exhaustif qui aborde tous les thèmes en profondeur sans être pour autant lancinant ni pédant.
A conseiller à tous les amateurs en manque de récits maritimes de qualité !