Thomas Flahaut dans ce second roman puissant raconte le travail des intérimaires frontaliers : cadences infernales, précarisation du travail et aseptisation d’un monde où l’on ne parle plus d’ « ouvriers » mais d’« opérateurs ».
Comment se construire quand on n'a pas d'avenir ? L’auteur, lui-même fils d’ouvrier, interroge le poids de l’héritage social. Et si les dés étaient pipés dès le départ ?
« Les nuits d'été » nous plonge au cœur de l’usine dans un ballet nocturne où les ouvriers affrontent soir après soir le vacarme des machines, la chaleur abrutissante de l'atelier et la répétition des gestes dans un corps à corps presque sensuel avec les « Miranda », ces machines insatiables qui fascinent, asservissent et meurtrissent les corps et les âmes.
Dans un style sec, sobre et précis, Thomas Flahaut nous offre un texte percutant sur la fin du monde ouvrier et sur une jeunesse sans horizon qui peine à se trouver.