"Un oiseau blanc dans le blizzard", lu il y a plus de trois ans, m’avait laissé une impression mitigée. J’ai malgré tout été tentée de retenter l’expérience. Un campus novel serait peut-être l’occasion d’apprécier davantage la prose de cette auteure très souvent encensée ?
Cette deuxième expérience m’a de nouveau laissé un sentiment très ambivalent. En surface, j’ai perçu de nombreux facteurs dérangeants : un style maniéré, reflet d’un travail tarabiscoté jusqu’aux limites de l’écœurement (*"A la clavicule d’icelle. Aux ombres qui s’y rassemblaient au clair de lune. Aux blanches quenottes mordillant dans la lumière du matin une lèvre inférieure humide et luisante"), une place prépondérante dédiée à la sexualité (encore), des personnages systématiquement dérangés, un climat artificiel, une obsession pour les cheveux, des longueurs, cette troisième du singulier qui participe à une neutralité lisse qui rend l’attachement aux personnages complètement impossible…
Malgré tout, la construction – bien que complexe – fonctionne assurément, et l’intrigue appelle la curiosité. Les questions qui se posent engendrent l’envie irrépressible de tourner les pages.
Ce roman m’a rappelé "Le maître des illusions" de Donna Tartt : même décor, même climat malsain. "Les revenants" aurait pu être, selon moi, un roman réussi si (1) la narration ne m'avait pas à ce point dérangée, si (2) L. Kasischke ne me donnait pas l'impression d'essayer systématiquement de captiver son public à coup de sexualité débridée, comme si le voyeurisme auquel elle nous pousse déjà avec ses ambiances sordides et/ou morbides ne suffisait pas, et si (3) les réponses attendues à la fin du livre s'y étaient seulement trouvées !
"Les revenants" est un page turner qui détient un magnétisme certain. Au final, je suis cependant loin d’être séduite, et je ne sais si je lirai d’autres romans de cette auteure.
Une déception.