"...Reprenons possession de notre Histoire"
On n'a pas aimé, du côté du NPA ( http://www.npa2009.org/content/litterature-pascale-fautrier-du-rouge-vif-au-rose-pale ), et c'est logique, l'étalage forcément critique des "misérables magouilles, beuveries et coucheries de quelques clans d’étudiants de l’Unef qui se la jouent bolchevik" après 68. Mais n'est-il pas curieux qu'on ressente le besoin de se démarquer de "ces détenteurs auto-proclamés de la vérité bolchevik-léniniste...de tous ces Rastignac plongés avec délectation dans leurs calculs politiciens" en traitant avec une sorte de condescendance goguenarde l'expérience de l'auteur, que l'on reconnaît comme vécue.
Eh bien moi, c'est justement son authenticité que j'ai appréciée. Parce qu'elle n'a pas peur de faire part de ses critiques, de ses questions, mais aussi de ses propres errements...
Quant à la manière méprisante dont on réduit ses positions politiques actuelles, assimilées à une sorte de renoncement "centriste", le rédacteur de l'article "oublie" de reconnaître qu'elle n'est guère tendre non plus avec les socio-libéraux, et de rappeler que ces convictions sont le résultat d'une longue réflexion, dont le roman est en fait le reflet.
Loin d'être le roman "à l'eau de rose" que l'on cherche à dénigrer, on y trouve au contraire parfois des analyses, des compte-rendus de réunions et de débats parfois fort complexes ( et ardus, d'ailleurs : pas sûr que tous ses lecteurs aient eu le courage de les lire in extenso ).
Elle y rappelle et explique notamment, sur la manière d'accéder à un monde de justice sociale, que la conception marxiste de la dictature du prolétariat et de la suppression de la propriété privée étaient loin de faire l'unanimité au sein du mouvement ouvrier au XIX°...
Alors, plutôt que de chercher à discréditer ce bouquin iconoclaste ( pour eux ), les "camarades" feraient mieux de trouver ( vite ! ) des solutions contre ce qu'elle décrit vers la fin ( pp.526/533 ).