En moins de 120 pages d'un texte écrit d'un trait puissant, Marie-Hélène Lafon nous projette au fond de l'âme d'une femme et d'un homme pris dans l'étau d'une vie conjugale subie et virant au drame. Les mécanismes implacables de l'emprise et de la violence ne sont pas seulement décrits, ils sont vécus et ressentis par chacun des personnages dans l'intimité de leurs pensées et perceptions, projetant le lecteur dans toute la complexité de l'installation, à un très jeune âge, dans une relation non choisie avec toutes ses conséquences. L'anonymat de la mère, qui ne sera jamais nommée, renforce le sentiment d'identification ressenti par le lecteur, pour aboutir à un texte aussi poignant que lumineux. A lire d'une traite, sans reprendre son souffle, comme il semble avoir été écrit.