Les Vivants par Nina in the rain
Il n'y a rien de tel qu'une bonne saga pour raviver un cœur lassé de lecture. Après avoir lu trop de Fantasy, on a souvent du mal à revenir à une littérature plus conventionnelle, et il faut un vrai bon roman pour casser le cercle des chevaliers, des princesses et de la magie. Si jamais vous êtes dans cette situation, ou simplement à la recherche d'une belle lecture, vous pouvez jeter un coup d'œil du côté d'Annie Dillard.
Comme souvent chez Bourgois, la couverture est peu appétissante. La collection Titres se démarque des habitudes éditoriales par un visuel composé uniquement de texte, rendant plus visible le nom de l'auteur que le titre du livre. C'est à mon sens le reflet d'une politique éditoriale qui s'intéresse aux auteurs et à ce qu'ils écrivent, une des raisons de mon penchant vers cette maison.
Les Vivants retrace trois ou quatre générations de colons américains dans l'état de Washington, du milieu du XIXe au début du XXe siècle. De leur arrivée avec armes et bagages après des mois d'errance à travers le Midwest à une relative prospérité cinquante ans plus tard, le lecteur accompagne plusieurs familles avec un plaisir non dissimulé. On ne peut s'empêcher de penser à Louise Erdrich dans la description des tribus indiennes et de leur mode de vie (mais pour moi c'est plutôt bon signe) et cette présence tribale se maintient tout le long du livre entre vision à la Thanksgiving et paternalisme typique de l'époque.
Les Vivants est un très beau roman, une réflexion sur l'impact de l'homme sur le paysage et inversement. Les héros se débattent avec le quotidien d'une contrée sauvage et permette de mieux comprendre certains aspects de l'American Way of Life, comme cette haine des lois fédérales par exemple. Décidément, à conseiller.