Limberlost
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Limberlost

livre de Robbie Arnott (2022)

Avant Limberlost, le Tasmanien Robbie Arnott a écrit deux livres somptueux : Flammes et L'oiseau de pluie, et donc, forcément, le risque de la déception existait, avec ce troisième roman, toujours situé sur la chère île de l'auteur. Non que ce soit un mauvais ouvrage, mais un peu fade, peut-être, avec de très longues descriptions de la nature, la nostalgie en bandoulière du temps où celle-ci était encore respectée par les humains. Fondamentalement, l'histoire est celle d'un adolescent, Ned, pendant la deuxième guerre mondiale, dont la famille vit difficilement des fruits d'un verger, alors que les deux frères du jeune héros ont été mobilisés. Entre la chasse aux lapins, pour en vendre les peaux, l'espoir d'acheter un bateau et la capture d'un dasyure, un farouche chat marsupial, l'été de Ned est classiquement celui d'un apprentissage de la vie. D'autres chapitres, en alternance, nous racontent ce que fut son existence par la suite, celle d'un gars taiseux, père de famille qui voit la Tasmanie changer mais qui sans cesse revient en pensée vers sa jeunesse, ses promesses et ses désillusions. La langue poétique semble cette fois-ci moins aérienne et l'écrivain donne l'impression de vouloir parler de beaucoup de choses : la guerre, le lien à la nature, la paternité, les peuples premiers, etc, sans véritablement approfondir aucun de ces thèmes. La lecture n'est pas désagréable mais elle manque de fluidité et il est difficile de s'y investir, avec le sentiment d'avoir déjà parcouru ce type de récits, auparavant. Pas de quoi fouetter un diable de Tasmanie, en définitive.

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le 8 janv. 2025

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