Sinus et cortux
Je ne sais pas ce que j'espérais y trouver, mais sans doute moins de violence gratuite, de vulgarités, de poésie hermétique et plus d'universel (pas devoir connaitre tout un bagage contextuel pour en...
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le 23 août 2020
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Dès le début de la pièce, l'auteur nous dépeint, indirectement et sans le décrire, le personnage principal comme détestable et insupportable par le biais de ses nombreuses vulgarités :
« Cette fille avait un cul comme je n'en avais encore jamais tenu un,
pourtant, des culs, monsieur le juge, j'en ai tenu beaucoup. C'est
vous dire le cul. [...] c'était la baise de ma vie. ».
C'est vrai qu'après avoir lu le synopsis : "Littoral relate la quête de Wilfrid, un jeune homme québécois d'origine libanaise qui, ayant appris la mort de son père, décide d'aller l'enterrer dans son pays natal", on ne s'attend pas forcément à ça. L'étonnement ressenti est tel que, je l'imaginais, avant de la lire, comme une pièce noble, une tragédie poignante et émouvante, peut-être même capable de m'arracher quelques larmes... Eh bien non. Littoral est vulgaire et cru (le moment où un personnage relate les tortures d'un père et de sa fille m'a à jamais marqué à vie et rien que pour ça, le livre mériterait d'être lu...) et si son protagoniste, Wilfrid, est haïssable par ses actions et ses paroles, le fait que la pièce centre son effet dramatique sur la perte de son père est d'autant plus gênant car on ne peut ressentir de la compassion pour lui.
Les autres personnages ne sont pas en retrait, entre le chevalier dont les décapitations ne sont que le début de nouvelles incohérences sans compter les trop nombreux personnages qui s'enchaînent dans la quête de Wilfrid pour lesquels on ne peut ressentir aucune empathie tant le temps qu'ils occupent dans la pièce est bref.
Néanmoins, le scénario cache un message fort, sur la guerre et la famille et Littoral est une œuvre que, même si je ne l'ai notée que 6/10, j'ai apprécié dans un certain sens, tant les méditations que peut inspirer la pièce sont nombreuses, lire entre les lignes est nécessaire pour percevoir les messages symboliques de Wajdi Mouawwad.
En outre, je pense que la pièce rend mieux sur scène qu'à l'écrit et j'apprécierais vraiment de pouvoir en être spectateur tant j'ai, à la lecture de celle-ci, imaginé qu'une mise en scène de cette pièce pourrait être fort agréable à regarder et plus adapté.
Une pièce qui, je pense, ne plaira qu'aux amateurs de théâtre souhaitant quelque chose d'original et que je recommande pour cette raison : la pièce est peu commune, abstraite et malgré tout réussie dans ce qu'elle veut faire ; certains considèreront même l'auteur comme un génie. Pour ma part, la vulgarité inhérente au personnage principal de Wilfrid, exprimée dès le début, nuit terriblement à l'effet que devait procurer la pièce.
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Créée
le 12 août 2016
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le 23 août 2020
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